Que faire à Avignon ? Le guide complet de la Cité des Papes
Il y a des villes qu'on traverse et des villes qui nous arrêtent net. Avignon fait partie de la seconde catégorie. Dès qu'on franchit ses remparts médiévaux (4,3 kilomètres de pierre ocre qui ceignent
encore la vieille ville), quelque chose change dans l'air, une lumière particulière, une certaine façon qu'ont les Avignonnais de parler fort et de rire plus. C'est La Provence, dans toute sa démesure
tranquille. Que vous veniez pour un week-end express ou une semaine de flânerie, voici tout ce qu'il ne faut absolument pas rater dans la Cité des Papes.
À l'intérieur, on déambule dans 25 salles aux dimensions vertigineuses : les appartements privés du pape, les salles d'audience, le Grand Tinel où se tenaient des festins dont on imagine encore le faste et la chapelle Saint-Jean, ornée des fresques de Matteo Giovannetti. L'audioguide inclus dans le billet fait très bien le travail mais si vous voulez aller au-delà des notices et débusquer les détails que personne ne remarque, optez pour une visite guidée : vous ne le regretterez pas.
Nos conseils pratiques : prévoyez minimum deux heures. Achetez votre billet en ligne à l'avance, surtout entre mai et septembre, la file d'attente peut être dissuasive. Emportez de l'eau, il n'y en a pas à vendre à l'intérieur. Et si votre budget le permet, prolongez la visite par les jardins : la vue sur les toits d'Avignon depuis les terrasses vaut le supplément.


Ce qui est fascinant, c'est la vue qu'on a depuis son extrémité. Face à vous, le palais des Papes se découpe sur le ciel provençal dans toute sa puissance. On comprend alors exactement ce que ressentaient les pèlerins et marchands du Moyen Âge en approchant d'Avignon par cette route. Un frisson d'histoire pure. La chapelle Saint-Nicolas, nichée sur le troisième pilier, ajoute encore à l'étrangeté poétique de l'ensemble.
Bon plan : un tarif combiné avec le palais des Papes existe. C'est économique et logique : les deux sites se visitent très bien dans la même journée. Méfiez-vous du vent : le mistral peut souffler fort sur les arches et ça surprend.


C'est l'endroit idéal pour souffler entre deux visites. On s'y pose sur un banc, on regarde les cygnes naviguer sur le petit plan d'eau central, on laisse passer le temps. Gratuit, accessible à tous et pourtant méconnu des circuits touristiques classiques. Cerise sur le gâteau : on peut y apercevoir les quelques rangées du clos des Papes, seul vignoble AOC cultivé intramuros en France. Un détail qui dit beaucoup sur Avignon.
Fromages affinés, tapenade maison, melons gorgés de soleil, huîtres venues des côtes atlantiques, pains au levain encore chauds...Les vendeurs parlent avec l'accent, défendent leurs produits avec passion et n'hésitent pas à vous faire goûter. C'est ça, la Provence authentique. Pas celle des cartes postales, celle des gens qui savent vivre.
Le samedi à 11h, les halles proposent "La Petite Cuisine" : des chefs avignonnais préparent en direct une recette à base de produits du marché, avec dégustation gratuite à la clé. Un moment savoureux à ne pas manquer si vous êtes de passage le week-end.
Avant de partir, regardez la façade nord du bâtiment : le mur végétal imaginé par le botaniste Patrick Blanc, 30 mètres sur 11, est une œuvre à part entière.

Le musée du Petit Palais, installé dans un hôtel cardinalice du XIVe siècle face au palais des Papes, est à lui seul une raison de venir. Il conserve la plus grande collection de primitifs italiens de France, avec des œuvres de Botticelli, de Carpaccio et d'autres maîtres de la Renaissance. La scénographie y est d'une élégance rare pour un musée public.
Le musée Angladon, lui, joue dans une autre cour. Installé dans un hôtel particulier du XVIIIe siècle, il conserve une collection issue en partie des acquisitions du couturier Jacques Doucet : Degas, Cézanne, Sisley, Picasso, Modigliani y cohabitent dans des salles à taille humaine. Une heure suffit mais on en ressort avec l'envie d'y retourner.
Depuis les berges, les vues sur le pont Saint-Bénézet et le palais des Papes sont parmi les plus belles de la région. C'est aussi le meilleur spot pour la photo que tous les guides vous montrent...sans vous dire où la prendre exactement. Maintenant vous savez.
La cour d'Honneur du palais des Papes, transformée en scène à ciel ouvert pour l'occasion, offre des soirées inoubliables. Réservez très longtemps à l'avance pour les spectacles In, ils affichent complet des semaines avant l'ouverture.
Du côté des vins, Avignon est aux portes des Côtes-du-Rhône et à un jet de pierre de Châteauneuf-du-Pape. Une dégustation dans les caves s'impose naturellement en fin de journée.

Le palais des Papes : le monument qui écrase tout le reste (et c'est voulu)
On commence par lui parce qu'on n'a pas vraiment le choix. Le palais des Papes domine Avignon de sa masse gothique depuis le XIVe siècle et il continue de le faire avec un aplomb certain. C'est d'ailleurs souvent lui qui donne envie de passer un week-end à Avignon et une fois qu'on l'a vu en vrai, on comprend pourquoi. Construit à partir de 1334 sous Benoît XII puis agrandi et embelli par Clément VI, c'est aujourd'hui le plus grand palais gothique médiéval du monde, rien que ça. Six papes y ont résidé, des conclaves y ont été organisés et pendant près de soixante-dix ans, c'est ici que battait le cœur de la chrétienté occidentale.À l'intérieur, on déambule dans 25 salles aux dimensions vertigineuses : les appartements privés du pape, les salles d'audience, le Grand Tinel où se tenaient des festins dont on imagine encore le faste et la chapelle Saint-Jean, ornée des fresques de Matteo Giovannetti. L'audioguide inclus dans le billet fait très bien le travail mais si vous voulez aller au-delà des notices et débusquer les détails que personne ne remarque, optez pour une visite guidée : vous ne le regretterez pas.
Nos conseils pratiques : prévoyez minimum deux heures. Achetez votre billet en ligne à l'avance, surtout entre mai et septembre, la file d'attente peut être dissuasive. Emportez de l'eau, il n'y en a pas à vendre à l'intérieur. Et si votre budget le permet, prolongez la visite par les jardins : la vue sur les toits d'Avignon depuis les terrasses vaut le supplément.


Le Pont Saint-Bénézet : plus qu'une chanson, une vraie leçon d'histoire
Oui, vous allez avoir la chanson en tête toute la journée. C'est inévitable, assumez-le. Mais le pont Saint-Bénézet ou pont d'Avignon pour les intimes, mérite qu'on s'y attarde bien au-delà du couplet. Construit au XIIe siècle, il fut pendant des siècles l'un des rares points de passage sur le Rhône dans la région. Les crues du fleuve, les guerres et les siècles en ont eu raison : il n'en reste aujourd'hui que quatre arches sur les vingt-deux d'origine, soit 120 mètres sur les 900 que comptait le pont à son apogée.Ce qui est fascinant, c'est la vue qu'on a depuis son extrémité. Face à vous, le palais des Papes se découpe sur le ciel provençal dans toute sa puissance. On comprend alors exactement ce que ressentaient les pèlerins et marchands du Moyen Âge en approchant d'Avignon par cette route. Un frisson d'histoire pure. La chapelle Saint-Nicolas, nichée sur le troisième pilier, ajoute encore à l'étrangeté poétique de l'ensemble.
Bon plan : un tarif combiné avec le palais des Papes existe. C'est économique et logique : les deux sites se visitent très bien dans la même journée. Méfiez-vous du vent : le mistral peut souffler fort sur les arches et ça surprend.


Le Rocher des Doms : la belle vue dont personne ne parle assez
Et si la meilleure vue d'Avignon n'était ni payante ni cachée derrière un audioguide ? Perché à 30 mètres au-dessus du Rhône, le rocher des Doms est un jardin public à l'anglaise qui surplombe la ville avec une générosité rare. Par temps clair (et le ciel est souvent dégagé ici), le panorama embrasse le mont Ventoux, les Alpilles, les toits de Villeneuve-lès-Avignon juste en face et bien sûr le Rhône qui serpente en contrebas.C'est l'endroit idéal pour souffler entre deux visites. On s'y pose sur un banc, on regarde les cygnes naviguer sur le petit plan d'eau central, on laisse passer le temps. Gratuit, accessible à tous et pourtant méconnu des circuits touristiques classiques. Cerise sur le gâteau : on peut y apercevoir les quelques rangées du clos des Papes, seul vignoble AOC cultivé intramuros en France. Un détail qui dit beaucoup sur Avignon.
Les Halles : le vrai pouls de la ville, dès potron-minet
Réveillez-vous tôt, vraiment tôt et filez place Pie avant même d'avoir bu votre premier café. Les halles d'Avignon sont l'un de ces marchés couverts qui vous réconcilient instantanément avec l'idée que manger est un acte civilisé. Une quarantaine de commerçants y déploient chaque matin (du mardi au dimanche et de 6h à 14h) un ballet de couleurs et d'odeurs qui constitue à lui seul une expérience mémorable.Fromages affinés, tapenade maison, melons gorgés de soleil, huîtres venues des côtes atlantiques, pains au levain encore chauds...Les vendeurs parlent avec l'accent, défendent leurs produits avec passion et n'hésitent pas à vous faire goûter. C'est ça, la Provence authentique. Pas celle des cartes postales, celle des gens qui savent vivre.
Le samedi à 11h, les halles proposent "La Petite Cuisine" : des chefs avignonnais préparent en direct une recette à base de produits du marché, avec dégustation gratuite à la clé. Un moment savoureux à ne pas manquer si vous êtes de passage le week-end.
Avant de partir, regardez la façade nord du bâtiment : le mur végétal imaginé par le botaniste Patrick Blanc, 30 mètres sur 11, est une œuvre à part entière.

Les musées : Avignon cache bien son jeu
On pense souvent à Avignon comme à une ville de monuments. C'est oublier qu'elle abrite une collection muséale étonnamment riche et que la plupart des musées municipaux sont entièrement gratuits.Le musée du Petit Palais, installé dans un hôtel cardinalice du XIVe siècle face au palais des Papes, est à lui seul une raison de venir. Il conserve la plus grande collection de primitifs italiens de France, avec des œuvres de Botticelli, de Carpaccio et d'autres maîtres de la Renaissance. La scénographie y est d'une élégance rare pour un musée public.
Le musée Angladon, lui, joue dans une autre cour. Installé dans un hôtel particulier du XVIIIe siècle, il conserve une collection issue en partie des acquisitions du couturier Jacques Doucet : Degas, Cézanne, Sisley, Picasso, Modigliani y cohabitent dans des salles à taille humaine. Une heure suffit mais on en ressort avec l'envie d'y retourner.
L'île de la Barthelasse : la parenthèse verte à deux pas
On l'oublie souvent sur les itinéraires et c'est une erreur. À quelques minutes à pied du centre historique, une navette gratuite relie le quai de la Ligne à l'île, la Barthelasse est la plus grande île fluviale d'Europe avec ses 700 hectares de verdure. Les Avignonnais y viennent le week-end pour pique-niquer, faire du vélo ou simplement respirer loin de la foule estivale.Depuis les berges, les vues sur le pont Saint-Bénézet et le palais des Papes sont parmi les plus belles de la région. C'est aussi le meilleur spot pour la photo que tous les guides vous montrent...sans vous dire où la prendre exactement. Maintenant vous savez.
Le Festival d'Avignon : quand la ville entière devient une scène
Si votre séjour tombe en juillet, préparez-vous à une ville transfigurée. Le festival d'Avignon, fondé en 1947 par Jean Vilar, est l'un des plus grands festivals de théâtre au monde. Pendant trois semaines, plus de 1 500 spectacles, entre le festival In et le Off, envahissent cours d'hôtels particuliers, chapelles, parkings et places publiques. Les troupes défilent dans les rues, les affiches tapissent chaque mur et l'air lui-même semble chargé d'électricité culturelle.La cour d'Honneur du palais des Papes, transformée en scène à ciel ouvert pour l'occasion, offre des soirées inoubliables. Réservez très longtemps à l'avance pour les spectacles In, ils affichent complet des semaines avant l'ouverture.
La gastronomie : ces saveurs qu’il faut avoir goûtées avant de partir
Avignon est aussi une ville où l'on mange bien, très bien. La cuisine provençale y est à son meilleur : tapenade généreuse en huile d'olive, anchoïade pour l'apéritif, ratatouille mijotée lentement, daube provençale à l'agneau parfumée au vin blanc...Et pour les curieux, ne repartez pas sans avoir goûté la papaline, une confiserie locale en forme de châtaigne rosée, enrobée de chocolat et fourrée d'une liqueur d'origan du Comtat : surprenant et délicieux.Du côté des vins, Avignon est aux portes des Côtes-du-Rhône et à un jet de pierre de Châteauneuf-du-Pape. Une dégustation dans les caves s'impose naturellement en fin de journée.
Les environs : ne partez pas sans explorer aux alentours
Avignon est un camp de base idéal pour rayonner en Provence. À 30 minutes, le pont du Gard vous laissera sans voix. Ce chef-d'œuvre de l'ingénierie romaine du Ier siècle est à voir au moins une fois dans une vie. En face, Villeneuve-lès-Avignon offre un panorama spectaculaire sur la cité des Papes depuis l'autre rive du Rhône. Et vers le nord, Orange et son théâtre antique classé à l'UNESCO méritent largement une demi-journée.
| Meilleure période : | Mai-juin et septembre-octobre (doux, moins de foule) |
|---|---|
| En juillet : | festival d'Avignon : festif mais très chargé |
| Durée idéale : | 2 à 3 jours pour voir l'essentiel |
| Hébergement : | Intramuros pour l'ambiance, Villeneuve-lès-Avignon pour le calme |
| Se garer : | Parking des halles (au-dessus du marché), pratique et central |
| Pass City : | Le Citypass Avignon donne accès aux principaux monuments avec réductions : rentable dès 2 sites visités |
Avignon n'est pas une ville qu'on visite. C'est une ville qu'on ressent, qu'on goûte, qu'on entend dans l'écho des ruelles pavées, dans l'accent chantant d'un vendeur des halles, dans le silence un peu solennel de la cour d'Honneur au crépuscule. Réservez vos billets, chargez vos batteries...et laissez-vous surprendre.







